Louis Jouvet

Louis JOUVET(1887-1951)

Louis Jouvet est né à Crozon, dans le Finistère, le 24 décembre 1887, mais il vivra son enfance dans les Ardennes, élevé par sa grand-mère. A l’école, Louis est travailleur, calme et rêveur. Il a un défaut de prononciation que son professeur voudrait bien lui faire perdre.

Louis deviendra pharmacien comme son oncle, mais il néglige ses études, passionné par le théâtre dont il voudrait bien faire sa carrière malgré l’opposition des sa famille…

En 1904, enfin, il peut se rendre à Paris pour poursuivre ses études et sa passion, consacrant ses journées à la science et ses soirées au théâtre. On lui reproche sa mauvaise élocution et son apparence physique. Néanmoins Louis s’entête et apprend à mieux contrôler sa diction. Sa jeune épouse danoise, Else Colin, lui fait connaître Jacques Copeau, dont il devient le régisseur.

1913 : Louis obtient son diplôme de pharmacien et se joint avec Charles Dullin à la troupe de Copeau pour créer le théâtre du Vieux-Colombier. Les critiques et le public remarquent le talent de Louis Jouvet, dans La jalousie du barbouillé, de Molière et La Nuit des Rois de Shakespeare.

En 1914 la guerre éclate : Louis Jouvet ,s’engage volontairement, travaillant comme infirmier sur le front. En 1922 il accepte la direction de la Comédie des Champs Elysées, où il remporte son premier grand succès avec Knock. En 1927, il rencontre Jean Giraudoux « son » auteur qui lui offrira Siegfried, Amphitryon 38, La Guerre de Troie n’aura pas lieu. En 1932, il rencontre Madeleine Ozeray avec qui il vivra une passion jusqu’en 1943. Pour elle, il montera L’Ecole des Femmes et Ondine.

Louis Jouvet poursuit alors une grande carrière de comédien de théâtre et de cinéma. Il aura tourné au moins 32 films de 1932 à 1951 dont Knock (ça vous chatouille ou ça vous gratouille?), Drôle de Drame (moi, j’ai dit bizarre?), Hôtel du Nord (avec Arletty: atmosphère! atmosphère !), Quai des Orfèvres et tant d’autres... Pendant la seconde guerre mondiale, Jouvet entretiendra des rapports ambigus avec le régime de Vichy. Il décide de partir en tournée en Amérique Latine et il ne reviendra en France qu’après la Libération. Il rentre donc en 1945 pour reprendre la direction du théâtre de l’Athénée

Il mourra dans son théâtre le 16 août 1951, victime d’un accident cardiaque.

Le square Louis Jouvet est situé au nord du quartier 12, en bordure de l’école primaire Clemenceau.

C’est un petit rectangle de verdure entouré par quatre barres d’immeubles de 5 et 11 niveaux pour le quatrième. Cela représente 198 logements. Ces immeubles ont été construits dans les années 1960. Le Conseil Municipal dans sa délibération du 8 mars 1962 a décidé de donner à ce square le nom du célèbre acteur . Ce square fait partie du plan de réaménagement négocié avec la Ville de Rennes à la suite de l’achat des terrains pour la construction de la Maison de Retraite, rue Jean Coquelin. Les projets ont été réalisés pour le square Sarah Bernhardt, les terrains au bas de l’ Arc en Ciel et plus récemment le jardin Charles Dullin. Enfin, il semblerait que les consultations auprès des habitants de Louis Jouvet vont commencer… (voir notre article). Nul doute que les travaux suivront enfin !

Jean COQUELIN

Cheminot héroïque

(1908-1957)

Jean Coquelin était un conducteur de locomotive maître de sa machine comme un commandant de navire. Cet héroïque cheminot, en ce début de novembre 1957, conduisait son train de voyageurs vers St Malo.

A 3 kms de cette ville, un retour de flamme se produisit accidentellement le brûlant atrocement. Il fallait qu'il arrête rapidement son convoi. Environ 500 voyageurs occupaient les wagons.

Transformé en torche vivante, il fit d'abord, avant de se soucier de son sort, les gestes nécessaires pour sauver le convoi, se jetant ensuite sur l'herbe du ballast où ses compagnons de route Jouan et Gautier qui, en se brûlant eux-mêmes, lui portèrent secours.

Il devait décéder après d'atroces souffrances le 1l Novembre. Les obsèques eurent lieu le l4 novembre à Rennes et eurent une dimension nationale en la présence du Représentant du Ministre des Transports, de personnalités politiques, syndicales et religieuses. (O.F. 15 novembre 1957>. Jean COQUELIN avait 49 ans.

Histoire de la rue Jean Coquelin

1954

Depuis la fin de la guerre 1939-1945, la crise du logement sévit. Depuis plusieurs années, la lutte contre le taudis s'organise, les Travailleurs du Bâtiment participent bénévolement par le canal syndical et associatif à la construction des logements d'urgence pour les familles nombreuses.

Un groupe se constitue avec la Société Coopérative de Construction H.L.M. "La Ruche Ouvrière". C'est ainsi qu'ils se trouveront au printemps 1954 à défricher, abattre les arbres. L'espoir était au rendez-vous des 16 compagnons bâtisseurs. Dispersés aux quatre coins de la ville, ils se rendent à vélo sur le chantier les samedi, dimanche, jours fériés et conges.

L'hiver 1954-1955, Ils disposent de peu de moyens - brouettes, pelles, pioches et truelles pour les fondations, une prise d'eau provisoire sur l'actuelle impasse Jean Terrien. Le béton et mortier se font à la pelle.

Puis, bientôt on leur prête une bétonnière. 1955 tut la grande année, et le gros oeuvre fut bien avancé pour le mois d'août. Les démarches furent faites près de la Mairie pour la prise en charge du raccordement des eaux, pour l'extension du réseau : sans résultat. Ils arrivèrent à 1956 avec le branchement provisoire et les travaux se poursuivirent.Les premiers s'ins­tallaient au fur et à mesure des finitions, sans voirie.

1962

24 habitants occupaient depuis 6 ans déjà cette rue "Leguen de Kérangal prolongée" (les 16 castors et 8 ayant construit par entreprise>.La rue vient d'être construite. Dans sa séance du 8 mai 1962 le Conseil Municipal attribue à cette rue le nom de Jean Coquelin.

Telle est donc l'histoire de cette rue, née d'une volonté commune d'entreprendre. Plus d'une centaine d'enfants utilisent cette voie en 1960. Du groupe des 16 bâtisseurs 8 sont décédés. Nous voulons rappeler leur mémoire.

Un certain nombre de maisons ont changé de propriétaires avec des résidants plus jeunes. Les retraités y sont encore plus nombreux. On y trouve aussi l'Office Municipal H.L.M. et la Maison de Retraite .Souhaitons à tous un bonheur de vivre dans cette rue où chacun apprécie le cadre dans un quartier vivant et animé.

Remerciement à tous ceux qui ont collaboré à la recherche de ces souvenirs avec lesquels on pourrait écrire un livre.

Sous-Lieutenant Fournier

(1920-1957)

Georges FOURNIER (1920-1957) , engagé dans les Forces de la France Libre, prit part aux combats de Libye, puis à la campagne de France. Sa conduite admirable lui valut 3 citations et la Médaille Militaire. Démobilisé en 1946, il demandait en 1952 sa réintégration dans l’armée active. Volontaire pour le Corps expéditionnaire d’Extrème-Orient, il participa comme chef de peloton de chars à toutes les grandes opérations dans le Sud Vietnam et au Laos.

Nommé sous-lieutenant en décembre 1956, il était envoyé, sur sa demande, en Algérie. Il entrait aux sections SAS.

Il devait tomber dans une embuscade le 2 Novembre 1957.

Tels sont les termes de la délibération du Conseil municipal du 23 décembre 1970 qui donna le nom de Georges Fournier à la rue qui… Si ce texte s’arrêtait ici, bien peu de nos lecteurs seraient en mesure de situer cette rue. Serait-ce une aide que de dire qu’elle ne possède aucune adresse (même pas celle du grand immeuble dont l’entrée donne sur cette rue)? Le fait qu’elle soit fermée à la circulation donnerait-il une meilleure indication? Est-ce une impasse?...Non! Certains ont peut-être déjà deviné: il s’agit de la voie qui relie le boulevard de l’Yser à la rue Louis et René Moine en passant devant la tour Sarah Bernhardt et le côté du magasin Netto.

Duc d'Aiguillon

Duc d'AIGUILLON(1887-1951)

Emmanuel Armand du Vignerot du Plessis de Richelieu, duc d’Aiguillon, (1720-1788)

Après une carrière militaire, il fut nommé Gouverneur de Bretagne en 1753 par commission royale. Il devint vite impopulaire en s’opposant au Parlement de Bretagne qui refusait la levée d’impôts supplémentaires destinés à financer la guerre de 7 ans.

En 1764, le Conseil du Roi, sur l’instance d’Aiguillon, cassa un décret du Parlement de Bretagne qui refusait la levée de nouveaux impôts.

Le Parlement démissionna et d’Aiguillon dût former un nouveau « parlement-croupion » appelé par dérision le « baillage d’Aiguillon ».

Un conflit personnel existait aussi entre d’Aiguillon et le procureur général du Parlement de Caradeuc de la Chalotais. Celui-ci fut arrêté avec son fils en novembre 1765, accusé, entre autres, d’avoir écrit des lettres anonymes injurieuses au Roi. La Chalotais criera à la machination organisée par d’Aiguillon.

Pour apaiser l’opinion, Louis XV rappelle le duc d’Aiguillon à la Cour et rétablit l’ancien parlement de Rennes en 1769.

Ayant participé à la chute de Choiseul en 1770, il deviendra ministre des Affaires Etrangères jusqu’en 1774, quand la jeune reine Marie-Antoinette demandera sa démission.

Il mourra, oublié, en 1788(*).

La rue d’Aiguillon se situe entre la rue Le Guen de Kerangal et le square Louis Jouvet. Le conseil municipal du 11 décembre 1931 donna le nom d’Aiguillon à cette rue qui était alors qualifiée de nouvelle.

Aiguillon Construction, bien connu dans le quartier et partenaire de notre journal, a dû son nom à sa première implantation à l’angle de la rue d’Aiguillon et de la rue Nungesser et Coli.

(*) NDLR : nos diverses sources ne nous donnent pas toutes la même date pour la mort du duc d’Aiguillon, nous avons aussi trouvé 1780 et 1782 !

NUNGESSER ET COLI

NUNGESSER ET COLI(1892-1927) et (1881-1927

Rue Nungesser et Coli

Les noms de ces deux hommes sont associés pour toujours. Ils ont disparu ensemble en tentant la traversée de l’Atlantique Nord.

Charles Nungesser, né le 15 mars 1892 à Paris, part à 15 ans en Amérique du Sud. Il devient pilote de course automobile à 17 ans et apprend à piloter les avions en Argentine.

Nungesser rejoint la France au début de la 1ère guerre mondiale pour s’engager dans le 2ème Hussards. Ses exploits lui permettent d’être transféré au Service Aéronautique, il obtient son brevet le 2 mars 1915 à 23 ans.

« Force de la nature », combattant acharné, il cumule les victoires mais aussi les blessures. 45 avions ennemis abattus (homologués) mais aussi fractures du crâne, de la mâchoire, des jambes, genoux, des clavicules, etc, etc…Il figure parmi les As de la Grande Guerre.

Après la guerre, il tente de monter une école de pilotage à Orly, mais voit trop grand et fait faillite. Il part aux USA pour monter des spectacles reconstituant les grandes batailles aériennes. Il obtient une célébrité internationale en tournant dans des films consacrés à l’épopée de l’aviation.

François COLI, né le 5 juin 1881 à Marseille, s’engage dans l’infanterie en 1914. Après 2 graves blessures, déclaré inapte au combat, il réussit à se faire muter dans l’aviation. Il termine la guerre comme capitaine d’escadrille, décoré de la Croix de Guerre avec 10 citations et Officier de la Légion d’Honneur, mais il y aura perdu l’œil droit. En 1919, il réussit la double traversée de la Méditerranée et bat le record de distance en ligne droite.

Homme de démesure, Charles NUNGESSER connaît à nouveau des problèmes financiers. Il lorgne sur le prix Orteig qui offre 20000 dollars (une fortune pour l’époque) à celui qui franchira l’Atlantique Nord en avion. C’est avec son ami COLI qu’il met au point ce projet.

L’avion sera un Levasseur PL8 hydravion biplan prototype équipé d’un moteur en W de 450 CV. Nungesser le rebaptise « L’Oiseau Blanc ». Le 8 mai 1927, par un petit matin gris, les deux hommes s’envolent du Bourget vers New-York. Pour gagner du poids, il n’y a ni radio, ni canot de sauvetage. Ils n’arriveront jamais et on les dira perdus dans l’Atlantique Nord.

Quelques jours plus tard, le 21 mai 1927, l’américain Charles LINDBERGH réussira la traversée New-York/Paris à bord du fameux Spirit of Saint Louis et remportera le prix Orteig.

Pourtant, il semble bien que Nungesser et Coli aient presque réussi leur pari. Une enquête de G. Hanson, en 1980, ayant rassemblé des témoignages concordants, démontre que l’Oiseau Blanc se serait écrasé dans une forêt désertique du Maine, à l’extrême Nord-Est des USA.

Un épisode tragi-comique de cette aventure, a été la sortie de l’édition spéciale du quotidien « La Presse » annonçant la réussite du raid avec de nombreux détails sur le vol. En même temps, on apprenait la disparition de l’Oiseau Blanc et de ses deux pilotes…

Un scandale qui causa la faillite du journal et devrait à jamais servir d’exemple aux journalistes…

La rue Nungesser et Coli relie la rue LE BRIX à la rue Louis et René MOINE en contournant le square Louis JOUVET.

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