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Victor RAULT

(1858-?)

Préfet d’Ille et Vilaine de 1902 à 1907

Victor, Michel, Emile, Marie RAULT est né le 23 avril 1858 à Dinan (22), d’un père capitaine au long cours et d’une mère institutrice.

Victor RAULT était donc préfet d’Ille et Vilaine lors de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Il devint ensuite préfet de Loire Inférieure (actuelle Loire Atlantique ) puis préfet de la Marne en 1919-1920 chargé de mission temporaire.

Il fut ensuite président de la Commission du Territoire de la Sarre de 1920 à 1926. La Sarre est une ancienne partie du département de la Moselle, qui à la suite de la défaite allemande à la fin de la première guerre mondiale est séparée de l’empire allemand et placée sous la régie d’une commission gouvernementale de la Société des Nations conformément au traité de Versailles. C’est la première fois que la Sarre constitue une entité administrative propre. La France prétend à son annexion et en obtient la propriété des mines de charbon.

Victor RAULT sera remplacé à la tête de la Sarre par un canadien et ensuite deux britanniques.

Victor RAULT sera aussi Conseiller d’Etat.

La rue Victor RAULT sera dénommée par délibération du Conseil Municipal du 16 janvier 1931. Elle relie la rue Le Guen de Kerangal à la rue de Nantes. On y trouve le Lycée Jean Jaurès, l’école privée Sainte Bernadette et l’Eglise St Yves .

(D’après une notice biographique de Joël DAVID du Service DAU. C. de la Ville de Rennes)

Prosper PROUX

Prosper PROUX(1811-1873)

Poète et chansonnier de langue bretonne

Prosper PROUX est né en 1811 à Poullaouen (Finistère).

Il publie son premier recueil de vers, ‘’Canaouennou grét gant eur C’hernewod’’ (Chansons composées par un Cornouaillais) en 1838. Cet ouvrage rencontra un gros succès mais ses textes empreints d’une certaine grivoiserie choquèrent les bien-pensants de Guerlesquin, où il fut un temps percepteur, et surtout le clergé local .

Les textes publiés étaient pourtant déjà largement expurgés par rapport aux écrits originaux de l’auteur.

Ayant dû démissionner de son poste de percepteur, il trouva une place de représentant en vins.

Il garde donc une réputation un peu ‘’sulfureuse’’ même s’il publia en 1866 un très sage recueil intitulé ‘’Bombard Kerne’’.

Prosper PROUX est décédé à Morlaix en 1873.

La rue Prosper Proux se situe côté ouest de la rue Leguen de Kerangall entre le boulevard Albert 1er et la rue Victor Rault.

Albert 1er

Albert 1er(1875-1934)

Nous allons faire connaissance d'un roi qui donna son nom à l'un de nos grands boulevards. C'est un épisode de la vie de ce roi appelé le preux chevalier des temps modernes que je vais vous conter.

Donc il était une fois un pays, la Belgique dont César dit un jour : ''De tous les peuples de la Gaulle, les Belges sont les plus braves'.

Albert 1er né à Bruxelles en 1875, roi des Belges de 1909 à 1934 dût faire face à l'invasion Allemande de 1914.

Au début de cette guerre, Bruxelles et Anvers seront pris et l'Armée Belge acculée à la mer.

Pourtant, Albert 1er, cousin de Guillaume II avait adressé à celui-ci une lettre personnelle pour lui rappeler la parfaite neutralité de la Belgique en 1870.

Le Roi, qui avait pris le commandement de son armée ne possédait plus que le 1er régiment de caravaniers, soit 600 hommes auxquels s'ajoutaient deux régiments de grenadiers qui furent réunis pour former une limite combattante.

Albert 1er n'en désigna pas moins ce petit fleuve appelé l'Yser en disant à ses soldats: "nous n irons pas plus loin" et ils n'allèrent pas plus loin. Le lendemain commençait la terrible bataille de l'Yser supportée presque seule par la petite armée du roi, cette bataille de vingt jours qui permettra à un stratège français de dire :

'Le roi Albert ter a fermé la porte du Nord et l'a tenu fermée. De cette manoeuvre a dépendu le sort de la guerre"

Dans les jours qui suivirent, Albert 1er profitant des grandes marées d'octobre, fit ouvrir les doubles portes des écluses et l'eau submergea 25 Km2

de plaine en contrebas de la mer. On recommença l'opération sur plusieurs digues, la terre saturée s'engorgea rapidement. Bientôt les Allemands eurent de la boue jusqu'aux chevilles, les voitures s'embourbaient, plus question pour les fantassins de pouvoir se coucher pour s'abriter du feu des armes automatiques belges qui faisaient des ravages. La peur tordait les ventres et l'eau montait toujours.

Le Commandement Allemand, la mort dans l'âme devait donner le signal de la retraite. L'armée impériale perdait la bataille de l'Yser.

Et durant quatre années, le roi Chevalier ne régnera plus que sur un lopin de terre séparé de l'ennemi par la lagune artificielle. Quarante villages qu'Albert 1er refusera d'abandonner et où l'armée Belge se maintiendra parce qu'il était là, lui, courageux et ferme.

Un jour à Paris, peu après la victoire, comme un orateur officiel rappelait les heures de 1914 et l'attitude magnifique du roi Chevalier. Albert se leva et expliqua simplement "nous avons été acculés à l'héroïsme"

Fervent d'alpinisme, le 17 février 1934, le souverain partait tout au début de l'après-midi pour une excursion aux falaises de Marche les Dames au bord de la Meuse. Il avait d'abord gravi l'aiguille appelée l'Inaccessible dont il avait fait maintes fois l'escalade. Redescendu au pied du rocher, il s'engagea dans la fissure de la Roche du Grand Bon Dieu. C'est seulement au milieu de la nuit, à la lueur des torches que l'on découvrira le corps du souverain, le crâne ouvert au pied de la roche.

"J 'aime me mesurer avec le danger. je retrouve dans la montagne l'équilibre du corps et de l'âme" disait-il.

Lorsque la ville du Havre où le gouvernement belge avait siégé offrit une épée au souverain, on grava sur la lame cette devise:

Droite. sans tache et sans effroi

j'ai pour ton âme, ton âme Ô roi

L'âme d'Albert ter était bien frappée de pur métal et droite comme une épée.

(Article rédigé par M. Couetuhan pour l’Echo des Champs de février 1995)

Une délibération du Conseil Municipal le 27 octobre 1938, décide de donner le nom de Boulevard Albert 1er â une partie de l'ancien chemin de ronde qui reliait alors la route de Nantes â la rue de Chatillon. A la suite de l'aménagement de l'actuelle avenue Henri Fréville, le nouveau tronçon de voie allant de l'extrémité des Chalais, rueYves Noël â la rue de Châtillon, prend le nom de Bd Albert 1er, en novembre 1972.

Capitaine Gaston Duché de Bricourt

Capitaine Gaston Duché de Bricourt(1914-1942)

Chevalier de la Légion d’honneur.

Compagnon de la Libération.

Gaston Duché de Bricourt est né à Poitiers le 14 février 1914. Après sa formation à St Cyr, il sert à Brest pendant un an, puis est affecté en 1937 au 6ème Bataillon de Tirailleurs Sénégalais en Côte d’Ivoire. Fin mai 1940, il revient vers la France avec un corps expéditionnaire, mais son unité est déroutée vers l’Angleterre en raison de l’avance allemande.

Engagé dans les Forces Françaises Libres, Il est envoyé en Afrique.

Sa compagnie prend part à la campagne de Syrie en juin 1941.

Il devient ensuite officier adjoint du lieutenant-colonel BROCHE et participe à la campagne de Libye et se montre très actif dans les opérations de colonnes mobiles autour de Bir-Hakeim avant l’offensive des forces de l’Axe le 27 mai 1942.

Pendant les combats de Bir-Hakheim, il assure le commandement de l’observatoire du Bataillon du Pacifique sous les bombardements.

Il est tué avec le lieutenant-colonel BROCHE dans le bombardement du PC du bataillon, le 9 juin 1942.

Inhumé d’abord au cimetière de Bir-Hakheim, il sera ré-inhumé après la guerre au cimetière de Guignen en Ille et Vilaine.

 

La rue Capitaine Gaston Duché de Bricourt est située au Nord du boulevard Albert 1er en face de la Plaine de Jeux de Bréquigny entre les rues André Gallais et Guynemer.

Louise de Bettignies

Louise de Bettignies(1880-1918)

Une aristocrate chez les agents secrets.

Née le 15 juillet 1880 à Saint Amand, elle débarque à Folkestone en 1914. venant de Lille. Elle est alors contactée par un officier du service secret Anglais pour retourner en zone envahie. Elle devra renseigner les Alliés sur les mouvements de troupe, les emplacements de celles-ci et le moral des armées du Kaiser. Louise acceptera de travailler pour l'Intelligence Service, connaissant parfaitement l'anglais et l'allemand, atout précieux pour mener à bien ses missions.

C'est une jeune femme, petite, distinguée, brunes en parfaite santé, une aristocrate. férue d'équitation de golf et de natation. L'espionnage sera un nouveau sport plus dangereux où sa vie sera en jeu. Elle sait que tout pourrait se terminer, attachée à un poteau d'exécution avec douze Mausers braqués, mais la peur n'aura jamais prise sur elle.

Devenue, Alice Dubois elle fonde un véritable réseau s'étendant sur la région de Lille. Une autre jeune femme viendra la rejoindre, elle se nomme Léonie Vanhoutte alias Charlotte. Leurs informateurs seront choisis avec soin. Ceux-ci relèvent les numéros des régiments qui montent au front, notent les batteries. dépôts de munitions et l'emplacement des fortifications. Louise et Charlotte centralisent les informations reportées sur des plans quadrillés et numérotés,' il suffit de deux chiffres pour les signaler avec précision. Tous ces plans sont écrits sur du papier de soie. Les rapports seront livrés chaque semaine à l'Intelligence Service et tout sera utilisé pour le transport de ces renseignements, le talon creux d'une chaussure, le manche de son parapluie, ses baleines de corset ou l'ourlet de sa jupe... Elle utilise une encre invisible et les transcrit sur une pellicule transparente qu'elle colle sur le verre d'un lorgnon (jusqu'à 3000 mots iront sur un verre de lunettes). Les britanniques n'ont plus qu'à faire apparaître l'écriture et la projeter sur un écran. L'armée allemande s'affole. Les Anglais, connaissant tous les déplacements de troupes ainsi que les dépôts de munitions, lui feront le plus grand mal. Louise deviendra marchande de fromages. institutrice, couturière et lingère pour tromper l'ennemi. Mais, l'étau se resserre, le contre-espionnage allemand la surveille. Louise sent que la fin approche et que sa liberté lui échappe. A son frère, elle dira : "J'ai voulu te revoir une dernière fois, je sens que c 'est-fini... ils vont me fusiller".

Le 23 septembre 1915, Léonie Vanhoutte est arrêtée, puis c'est le tour de Louise. Elle sera trouvée en possession de six cartes d'identité différentes. Emmenée à la prison de Bruxelles, elle y reste enfermée six mois. L'aiffaire est jugée le 16 mars 1916 par un conseil de guerre. Les deux femmes refuseront de parler. Le verdict sera prononcé : la mort pour Louise, quinze ans de prison pour Charlotte. Plus tard, la peine de mort sera transformée en détention perpétuelle en Allemagne. Joffre lui accorde la Croix de guerre. Le calvaire de Louise commence... cellule humide sans feu, un châlit à dix centimètres du sol, aucune couverture, elle doit rester debout ou assise presque à terre, la tête dans les genoux. Victime d'une pneumonie, pendant un mois sa température montera à quarante. Au printemps elle va mieux puis rechute. Elle sera opérée au Lazaret en avril 1918. La plaie ne se referme pas, la gangrène est là. Louise s'affaiblit de plus en plus, la mort rôde autour d'elle. Les Allemands refusent de l'évacuer en Suisse à la demande du Pape et du Roi d'Espagne. "Elle nous a fait tant de mal" diront-ils. Le 27 septembre, elle s'éteignit doucement. Inhumée en Allemagne, elle fut ramenée en France en 1920 et enterrée à St Amand les Eaux. La Légion d'honneur fut déposée sur son cercueil avec une citation dont voici un extrait : "S'est volontairement dévouée pendant plusieurs mois, animée par un sentiment patriotique plus élevé, pour rendre à son pays un service important pour la défense nationale". Un écrivain Allemand écrira : "Quand de tels actes ne sont inspirés que par un fanatique amour de la Patrie, qu'importe si c'est dans notre camp ou dans le camp ennemi, il convient de s 'incliner très bas devant ces nobles victimes dont une parfaite pureté d 'intention a grandi le sacrifice".

La rue Louise de Bettignies relie la rue Victor Rault au Boulevard Albert ter, face à la piscine de Bréquigny. Une délibération du Conseil Municipal en date du 27 octobre 1938, a décidé de donner à cette rue, le nom de cette jeune femme, qui rendit de si grands services à notre pays.

(d'après un article de Marcel COUETHUAN pour l'Echo des Champs de Novembre 1997)

M. Bertin de Bettignies, ancien professeur d'université et vice président de Lille 1, petit-neveu de Louise de Bettignies, ayant effectué des recherches sur la vie de sa grand-tante, nous a fait part de quelques remarques sur le texte ci-dessus. Nous avons rectifié quelques imprécisions. Il a bien voulu mettre à notre disposition un texte plus détaillé, condensé d'un document plus important issu de ses recherches. Vous le trouverez au format PDF ICI